12
fév
10

peu de gens savent

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Je viens de recevoir mes deux premiers exemplaires de « Peu de gens savent« , édité par les Rêveurs.

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En 1995, quand « soyons fous« , mon tout premier livre est arrivé dans ma boîte aux lettres, j’étais… extatique! J’avais l’impression (stupide) d’avoir fait un truc important. Puis, au cours des années , avec les désillusions concernant le merveilleux monde de la bande dessinée, l’arrivée de mes livres ne me procurait plus qu’inquiétudes sans fin.

Puis l’âge aidant, et aussi grâce au soutien d’une partie des lecteurs de mes livres, fidèle, qui me suit, enthousiaste, même quand je me trompe, une forme de confiance est venue. Sensation étonnante.

Que ces lecteurs soient ici remerciés. Les gars, vous m’avez non seulement rendu une confiance jusque là écrabouillée, mais aussi une petite légitimité auprès des éditeurs et, en conséquence, une liberté d’expression accrue.

Il aura fallu attendre BLAST pour que je retrouve le frisson intense du papier tout juste sorti de l’imprimerie..

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J’ai tourné en rond dans l’atelier, à feuilleter BLAST. Et, je dois le dire, j’étais fier. Je n’avais plus ressenti ça depuis longtemps! Je suppose qu’il y a aussi un peu d’arrogance, de suffisance, là-dedans, mais peu importe.

Aujourd’hui, je retrouve ce frisson. J’ai du mal à tenir en place, je trimballe « peu de gens savent » avec moi, je ne le lâche plus, je l’admire sous toutes les coutures. Ce livre est un imprévu, un accident. Il y a deux ou trois ans, j’ai commencé à remplir des carnets, de manière automatique, comme une discipline de travail personnelle. Je travaillais sans réel but, sans pression, sans autre intérêt que d’animer des formes.

Puis j’ai arrêté comme j’avais commencé, du jour au lendemain, sentant très précisément que j’avais vu ce que je voulais voir et qu’il était temps de passer à autre choses.

Ce n’est que plus tard, en me replongeant dans ces carnets que l’envie d’illustrer certains de ces dessins avec un texte me sembla une évidence. Et j’ai pris un plaisir inédit à le faire.

Tout doucement, « peu de gens savent » est devenu un livre.

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Et c’est grâce, en particulier, à Nico Lebedel et Aude Charlier, des Rêveurs. Que le premier soit remercié de m’avoir laissé faire ce que je voulais, sans pression, avec un enthousiasme communicatif et que la seconde soit révérée pour avoir fait d’une vague idée, un livre à l’esthétique magnifique, dépassant de loin ce à quoi j’avais rêvé.

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Et puis, cerise sur le gâteau, le dos toilé. Ayant quelques responsabilités au sein des Rêveurs , je me suis généreusement octroyé mon tout premier dos toilé (hors tirages spéciaux) pour faire chier Ferri qui, lui, en avait eu un pour son « de Gaulle à la plage« .

Mais le mien est couleur prune et gravé de rouge!

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Ferri ne s’en relèvera pas.